L’upcycling, un modèle d’avenir

Ecrit par MISC13 le 28/02/2013

Et si le futur des nouvelles technologies était dans la revalorisation ? 

Connaissez-vous l’upcycling ?

Emprunté à l’anglais, le terme désigne la revalorisation ou le recyclage d’un objet “vers le haut” dans la perspective de lui apporter une valeur ajoutée et une seconde vie. Cette tendance, qui touche différents domaines comme la mode et le design, s’affirme également dans le domaine de l’informatique. Ses acteurs prônent un retour à des modes de consommation plus responsables basés sur une logique de revalorisation du matériel.

D’où vient l’upcycling ?

Le terme a été employé la première fois en 1994 par un ingénieur allemand, Reiner Plitz. Le concept doit notamment sa popularité à un ouvrage intitulé Cradle to Cradle. Remaking the way we make things (2002) écrit par l’architecte américain William McDonough. Il s’agit d’un manifeste qui appelle à une transformation du monde industriel en introduisant un concept écologique, intelligent et responsable.

Par des anecdotes historiques sur les racines de la révolution industrielle, la science, la nature et la société, l’établissement des principes clés d’ingénierie et de design et la description de produits et d’entreprises innovantes, McDonough fait valoir que l’industrie est un système qui “prend, fabrique et gaspille” mais peut devenir un créateur de biens et de services qui génèrent, de manière écologique, une valeur sociale et économique.

L’upcycling, un modèle économique

L’upcycling est basé sur un système dit d’économie circulaire. L’idée de l’économie circulaire est de s’inspirer du fonctionnement quasi cyclique des écosystèmes naturels. Il s’agit donc de convertir les déchets de certains industriels en ressources pour d’autres acteurs et, plus globalement, de systématiser la valorisation des déchets comme des biens à la fin de leur usage. Les acteurs du mouvement militent en faveur d’une création responsable et les objets sont transformés dans le but d’être utiles tout en respectant l’environnement.

L’upcycling s’inscrit dans un mouvement écologique de fond et dans une mouvance culturelle qui inclut notamment les domaines de l’art, de la mode et du design. L’upcycling prend ainsi le contre-pied de la course à l’innovation et au consumérisme à outrance, et s’impose comme une des pistes promouvant une consommation maîtrisée et responsable. Cette consommation est surtout connue de personnes sensibles à l’écologie pourtant l’upcycling peut devenir une alternative pérenne à notre modèle économique actuel.

Art et upcycling

De nombreux domaines sont touchés par le phénomène de l’upcycling. Ainsi, dans le domaine des arts plastiques, de nombreux artistes contemporains utilisent des objets de grande consommation et des emballages industriels pour concevoir leurs œuvres. Le monde de la mode est également très marqué par cette tendance à réutiliser des objets ayant déjà servis. Vêtements de seconde main, rescapés des temps passés, mais aussi accessoires bricolés à partir de matériaux de récupération, ont fait leur apparition dans certaines boutiques ou sur sites spécialisés.

La décoration d’intérieur est également touchée par le phénomène. L’intérêt grandissant pour l’upcycling est porté par la mode du vintage et du Do It Yourself, mouvement à la fois artistique et informatique.

Enfin les technologies de la communication subissent également cette influence, à l’image des combinés téléphoniques des années 70, du Minitel ou encore des machines à écrire.

L’upcycling informatique

Dans le domaine industriel et technologique on traduit volontiers l’upcycling par “revalorisation” ou “reconditionnement”. Pourtant, l’opération de revalorisation informatique s’inscrit parfaitement dans l’upcycling et respecte une logique de consommation responsable. En effet, donner une nouvelle vie à de vieux ordinateurs permet de réduire le besoin d’en acheter des nouveaux. De plus, grâce à la revalorisation, les stocks d’ordinateurs en fin de vie ne s’entassent pas dans des cimetières d’ordinateurs, où les pièces non recyclables deviennent une menace pour la santé des populations vivant à proximité et pour l’environnement.

Dans un contexte de guerre des brevets et de course effrénée à l’innovation, les étudiants du Master MISC ont choisi de s’engager en faveur de l’upcycling. Puisque c’est en particulier à l’échelle des grandes entreprises que la question de la revalorisation des stocks d’ordinateurs se pose et prend toute sa pertinence, nous avons choisi de soutenir Ateliers Sans Frontières, une association qui œuvre en ce sens, en B2B. Après avoir récolté les dons de matériel informatique fait par de grandes entreprises, les salariés de l’association offrent une seconde vie à des ordinateurs qui, redevenus comme neufs, seront revendus.

Les initiatives de revalorisation informatique demeurent cependant encore trop peu nombreuses alors que le règne de l’ordinateur « jetable » domine encore largement. Une marque comme Apple limite toujours plus l’accès de l’utilisateur au système de ses ordinateurs, solidement scellés, rendant impossible toute évolution « home-made » de ses dispositifs.

 

Emmanuelle Ballois, Arnaud Denzler, Lucile Gouge, Etienne Ster et Clara Torres ont travaillé pendant plusieurs mois aux côtés de l’association d’insertion professionnelle Ateliers Sans Frontières, en vue de soutenir une initiative écologique et sociale innovante. 

Commentaires (2)

Nicolas Buttin mars 5th, 2013 at 18:20    

Bonjour, je suis ancien Misc – Celsa et je crée justement un réseau d’upcycling denommé Wiithaa, du nom aborigène d’un petit oiseau vivant en Australie. Il récupère tout ce qu’il trouve autour de lui pour faire le nid le plus beau possible et charmer sa belle. La Nature ne connait pas la notion de déchets, il n’y a que des ressources, des nutriments : « rien ne se perd, tout se transforme ». Fort de ce constat, Wiithaa est devenu une entreprise. En mettant en avant l’upcycling, autrement dit recycler en ajoutant de la valeur et penser à long terme, le collectif révèle les designers responsables qui, avec des déchets ou des matériaux considérés sans valeur, recréent des objets ou des lieux, invente de nouveaux services et process pour favoriser l’économie circulaire avec les stocks invendus, les chutes industrielles, les déchets liés à la distribution.
Au plaisir d’échanger avec vous sur cette thématique. Nous avons également co-organisé un festival autour de l’obsolescence reprogrammée (Make It Up) sur les déchets électroniques (DEEE). J’espère à très bientôt.


[…] donner une seconde, une troisième vie à un objet, voir une nouvelle vie grâce à l’upcycling […]


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